Mission flash sur la déscolarisation

Le 10 juillet, Joël Nayet et Gwenaële Spenlé ont représenté LED’A qui avait demandé à être auditionnée par la mission flash sur la déscolarisation composée des députées Anne Brugnera et George Pau-Langevin. Deux représentantes de l’association UNIE étaient également présentes. Nous avions au préalable envoyé un courrier pour présenter notre vision de l’IEF basée sur l’intérêt de l’enfant et les difficultés rencontrées par les familles.

Pour vous tenir informés, vous trouverez ci-dessous un compte rendu de cette audition, puis des liens vers leur communication du 18 juillet devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation (vidéo et pdf), pour finir par une analyse de leurs préconisations.

Compte rendu de notre audition :

Les députées ont introduit l’entretien par un propos qui laisse craindre un certain manque d’ouverture d’esprit quant aux apprentissages informels. Elles ont en effet expliqué que leur mission ne concernait pas vraiment l’instruction en famille, mais les cas où aucune instruction n’est donnée à un enfant : c’est ça qu’elles entendent par « déscolarisation ». C’est assez inquiétant, car cette manière d’aborder le sujet fait a priori l’impasse sur un point crucial du débat : qu’est-ce qu’une instruction satisfaisante pour un enfant ?

Ce biais méthodologique est d’autant plus flagrant qu’elles concentrent leur attention principalement sur l’enquête du maire. Nous leur avons indiqué que c’est bien le contrôle pédagogique qui pose le plus de problèmes… Nous avons fait état des principaux problèmes rencontrés. Les députées ont soumis l’idée d’établir une grille standardisée pour la conduite des contrôles. Nous leur avons expliqué que ça serait totalement inadapté, car les choix pédagogiques et les progressions étant bien trop variables, nos enfants ne rentreraient jamais dans les cases.

Elles ont beaucoup insisté sur la question de la socialisation des enfants. À ce propos, elles ont évoqué l’intérêt qu’elles voyaient à ce que le contrôle pédagogique se déroule hors domicile avec d’autres enfants pour « vérifier qu’il sait vivre en groupe » (°_°). Nous avons marqué notre désaccord avec cette proposition et souligné l’importance de trouver un accord avec la famille. Elles ont par contre été réceptives à l’idée que les enfants en IEF puissent participer aux sorties culturelles en journée souvent réservées aux scolaires, avoir les tarifs préférentiels réservés aux écoles, participer à l’UNSS… À ce sujet, un lobbying a posteriori pourrait être fait pour demander à nouveau à bénéficier de l’ARS.

Les députées étaient inquiètes de la difficulté que les enfants en IEF pouvaient avoir pour réintégrer le système scolaire. Nous les avons rassurées et avons plutôt orienté leur réflexion sur l’accès aux études supérieures et la rigidité du système français comparé à d’autres pays.

Comme elles nous demandaient un avis sur le CNED, nous avons évoqué les difficultés d’accès à l’inscription réglementée, parfois même pour des situations qui entrent dans les critères. Alors que d’autres familles se les voient proposer avec insistance, bien qu’elles n’en veuillent pas, juste parce que leurs choix pédagogiques ne conviennent pas aux personnes chargées de la vérification de l’instruction.

Communication de la mission flash sur la déscolarisation :

Le mercredi 18 juillet, mesdames Brugnera et Pau-Langevin ont effectué leur communication. Vous pouvez regarder la vidéo avec les questions http://videos.assemblee-nationale.fr/video.6413891_5b4ef15f5e786.commission-des-affaires-culturelles–communication-de-la-mission-flash-sur-la-descolarisation-18-juillet-2018 ou lire leur rapport http://www2.assemblee-nationale.fr/static/15/commissions/CAffCult/Communication%20Mission%20Flash.pdf

Leur argumentation et leurs propositions comportent de notre point de vue plusieurs aberrations qui montrent soit qu’elles n’ont rien compris à nos propos, soit qu’elles les déforment volontairement pour manipuler l’opinion.
Dans leur argumentation, par exemple, madame Pau-Langevin dit « les parents qui choisissent d’apprendre à lire à leurs enfants à 10 ans », alors que nous avons défendu la possibilité pour un enfant d’apprendre à lire à 10 ans si IL est intéressé à ce moment-là et pas avant, car avant il s’intéressait à d’autres choses, expliquant qu’en IEF ne pas savoir lire à 6/7 ans n’est pas un frein aux apprentissages comme ça le serait à l’école. Ça n’a rien à voir, c’est pour le respect des enfants qu’on demande la sauvegarde de la liberté de progression.

Commentaires sur les propositions :

– chasse aux non déclarés (pages 26 à 28 de la communication)
Nous avons beau avoir expliqué que la raison que nous connaissions de non-déclaration était que les enfants ne sont pas respectés lors des contrôles ou de leurs suites, elles préconisent du flicage : croisement de fichiers, base de données, numéro INE pour permettre un suivi tout le long de la scolarité obligatoire (l’instruction en famille est une modalité de scolarité au sens de la loi) et des modalités de contrôle encore plus irrespectueuses.

– date limite pour la déclaration (page 28 de la communication)
Nous pensons que c’est en réaction aux quelques familles qui, ayant fait leur déclaration suite à un arrêt de l’école en cours d’année, refont leur déclaration à la date anniversaire de la première et non à la rentrée. Attention tout de même à ce que ça ne se transforme pas en impossibilité d’arrêter l’école en cours d’année.

– amélioration de l’enquête de la mairie (pages 28 à 30 de la communication)

Question sur la socialisation et l’alimentation : y aurait-il une attente légale en ce domaine ?
La santé est déjà dans l’objet de l’enquête si elle interfère sur l’instruction.

– formalisme des contrôles réalisés par l’EN (pages 30 à 32 de la communication)
« Des évaluations scolaires, identiques nationalement pour les enfants d’un même âge, pourraient être mises en œuvre. » Ça serait totalement contraire à la liberté pédagogique.

Heureusement, quelques points positifs tout de même : accès à certains cours à la carte, ARS, faciliter la réintégration à l’école, améliorer l’information et la communication.

Des actions seront probablement mises en place s’il y a des personnes pour les prendre en charge.

Compte rendu du rendez-vous au ministère et appel à rapports ou courriers contenant des abus

Ce compte rendu et cet appel peuvent être diffusés dans les réseaux ief.

Le 6 juin dernier, 2 représentants de LED’A et 2 de LAIA ont été reçus au ministère par madame Anor, conseillère spéciale du Ministre sur l’instruction en famille, en présence de madame Lionet de la DGSCO.
Notre demande d’absence de vérification de l’instruction dès 3 ans, ou a minima d’absence d’évaluation de l’enfant semble totalement irrecevable. Madame Anor insiste sur le fait que toute obligation doit faire l’objet d’une vérification, précise que les modalités restent à définir et que les inspecteurs vont désormais être formés à l’IEF, y compris pour les enfants de plus de 6 ans.

Appel à exemples de rapports ou courriers d’accompagnement :

Nos interlocutrices nous ont semblé réceptives sur les abus dans les rapports. Nous souhaiterions donc récolter des exemples flagrants pour constituer un dossier à remettre à madame Anor. Vous pouvez nous envoyer vos scans de rapports ou de courriers, anonymisés ou non, en sachant que ça a toujours plus de poids quand ça ne l’est pas, en surlignant les passages concernés ou en nous les indiquant pour qu’on le fasse à l’adresse rapports arobase lesenfantsdabord.org
Exemples d’abus : attentes de suivre les programmes ou une pédagogie particulière, points de vue personnels sur les choix pédagogiques, obligation de maitrise de l’ensemble des attendus de fin de cycle à l’age « prévu », évocation de l’état du logement ou d’éléments privés n’ayant pas d’impacts sur l’instruction, prédictions très négatives sur l’avenir à long terme…

Merci d’avance pour votre participation

L’équipe « relation avec les ministère et les élus » de LED’A

Désinformation volontaire ou réelle remise en cause de la liberté d’instruction ?

Aux Assises de l’école maternelle Emmanuel Macron a dit  « J’ai décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de six à trois ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019. »  

Le monde de l’instruction en famille est en émoi. 

Pourtant sur le site de l’Éducation nationale, il est bien titré « Assises de l’école maternelle : l’instruction obligatoire dès 3 ans ».(1)

En effet contrairement à une idée reçue, l’école n’est pas obligatoire et ne l’a jamais été. En 1882, la loi précisait déjà que l’instruction obligatoire pouvait être donnée dans les familles et c’est toujours le cas.(2)

Monsieur Macron aurait-il le pouvoir de remettre en cause une liberté constitutionnelle en quelques mois ? Nous en doutons fort heureusement.  Nous pensons que cet effet d’annonce n’a pour but que de la désinformation, pour que la possibilité légale d’instruction hors école soit la moins connue possible. En effet, ce n’est pas le premier président de la République à parler d’école obligatoire, deux de ses prédécesseurs l’avaient fait avant lui.(3) 

Cependant l’idée d’instruction obligatoire à partir de 3 ans est une nouvelle fort préoccupante en elle-même. En effet, l’obligation d’instruction est corrélée à sa vérification.(4) L’Éducation nationale va-t-elle vraiment venir imposer chaque année des exercices aux enfants à partir de 3 ans pour vérifier qu’ils sont bien instruits ? 

contact : media AT lesenfantsdabord.org

Rencontre des Vosges d’hiver COMPLET

Possibilité de s’inscrire sur une liste d’attente

COMPLET pour les camions.

Du samedi 27 janvier au samedi 03 février 2018– Plainfaing (88, Lorraine)
Les tarifs sont de 7€ par nuit et par personne, les enfants de moins de 2 ans ne paient pas. Pour les personnes qui dorment en camions, camping-car et bus, le tarif sera de 49€ la semaine.
Pour toute demande de renseignements et inscriptions, joindre Stéphanie, par mail plainfaing.rencontre@gmail.com
Un chèque de caution de 30 euros vous sera demandé et validera votre réservation. Il ne sera encaissé qu’en cas de désistement la dernière semaine avant la rencontre.
Le lieu qui nous accueille est une colonie perdue dans les collines, en haut d’une piste forestière. Les téléphones portables captent difficilement sur le lieu.
En cette saison et en cas de neige, il est recommandé de se munir de chaînes à neige pour la voiture sur cette piste. Les routes sont dégagées.
Le côté chouette de la neige !! : Les luges bénéficient d’un joli bout de piste sur place…
Des stations de ski se trouvent à proximité (le grand Valtin, les Hautes Navières, Schlucht, Bonhomme-Calvaire-Lac Blanc) pour les familles intéressées par le ski ou les raquettes.

Cette colonie comprend:
-des chambres et des dortoirs (de 9 à 11 lits maximum): Attention la distribution se fait au moment de la réservation !
-une cuisine de collectivité
-une salle de restauration
-une salle d‘activité.
Le nombre de places est limité à 70 personnes.
Les dortoirs et les chambres seront répartis à la réservation. La colonie ne permet pas un sommeil au calme (merci de prendre cette information en compte avant toute réservation) !
Les lieux les plus au calme sont les 4 dortoirs situés au 2ème étage.
Le centre fournit des couvertures et des oreillers, mais pas de draps ni de taies d‘oreiller.
Il y a des commerces à 5km.
Pour la préparation des repas, nous aurons à notre disposition une cuisine de collectivité. Pensez à apporter des casseroles pour la cuisine individuelle, les casseroles présentes sur place sont immenses.
Pensez aussi au papier toilette et aux torchons qui ne sont pas fournis par la colo.

Une circulaire peut en cacher une autre

La nouvelle circulaire concernant l’instruction en famille a été publiée dans le BO du 20 avril 2017.
Elle est accessible .
Les versions mises en ligne le matin et vers 17h n’étaient pas correctes, il a fallut que les associations interpellent 2 fois le ministère pour que la bonne version soit en ligne vers 18h. Plusieurs des remarques et suggestions ( voir le pdf) des associations lors de la « consultation » du 11 avril ont été prises en compte. Lire la suite

CR de la concertation du 11 avril 2017 – Circulaire 2017

Malgré les délais très courts, nous avons participé le mardi 11 avril 2017 à la concertation organisée par le Ministère de l’éducation nationale.

Télécharger le compte-rendu au format pdf.

Nous attendons de lire la version qui sera a finalement adoptée par le ministère, qui devrait paraître prochainement.

Voici le début du compte-rendu, la suite reprenant le texte complet du projet de circulaire, vous trouverez la trouverez en rouge dans le document pdf.

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La mobilisation continue !

Nous nous réjouissons que le Conseil constitutionnel ait censuré de l’article 31 (ancien 14bis) du projet de loi « Égalité et citoyenneté ». L’inspection académique ne décide donc pas  seule du lieu et des modalités du contrôle.

Pour autant, le nouveau décret n° 2016-1452 du 28 octobre 2016 relatif au contrôle de l’instruction n’a pas encore été annulé. Ce décret affirme toujours que l’acquisition des connaissances et compétences doit être progressive et continue. Nous craignons que les inspections académiques l’interprètent comme une obligation de progression à un rythme régulier dans tous les domaines. Le décret prévoit également des exercices écrits ou oraux dans le cadre d’un contrôle effectué en référence aux paliers du socle commun de connaissance, de compétences et de culture. Lire la suite

Une « victoire » en demi-teinte

Le conseil constitutionnel a annoncé le 26 janvier la censure de nombreux articles du projet de loi « Égalité et citoyenneté » car ils avaient été introduits par amendement en première lecture sans présenter de lien, même indirect, avec le projet de loi initial.

Voir le communiqué de presse.

Nous nous réjouissons de cette décision car l’article 31 (anciennement 14 bis) a été supprimé dans le lot, bien qu’aucun groupe de parlementaires n’ait soutenu sa suppression. Lire la suite