Que font-ils ?

Parents et enfants témoignent

Témoignages issus du bulletin des Enfants d’Abord et des visiteurs du site.

Pour témoigner, envoyer votre e-mail au secrétariat :
secretariat AROBASE lesenfantsdabord POINT org

Bonjour,

Je me nomme Dolores Foin Sanchez, en 1989 j’ai fondé « Les Enfants d’Abord », première mouture. Je vous fais parvenir cet e-mail pour vous signaler que la petite fille pour laquelle cette association a vu le jour ALICE vient d’obtenir le bac de l’éducation nationale française et le diplôme espagnol de bilinguisme castillan français sans jamais avoir mis le pied dans une école publique. Ceci pour rassurer les familles éventuellement inquiètes et donner d’autres arguments (s’il en faut) à tous les amis de l’instruction parentale.

Avec toute mon affection. Dolores, le 6 juillet 2002

 

TEMOIGNAGES DE JEUNES
TEMOIGNAGES DE PARENTS 
TEMOIGNAGES DE JEUNES
  • APPRENDRE AUTREMENT
Quand j’étais à l’école, la vie était dure. Nous allions en classe à neuf heures et demi, nous devions nous réveiller à sept heures et demi du matin. Le pire était que la première matière que nous faisions était les maths, et j’étais toujours très fatiguée! Le soir, nous rentrions à la maison à cinq heures et j’étais toujours en pleurs! Quand j’ai finalement décidé d’arrêter l’école, ma vie a complètement changé! J’ai arrêté de stresser ( mon psoriasis a diminué ), j’ ai pris beaucoup de repos et le plus important, je me suis sentie libre ! Au lieu d’être isolée dans une classe en restant assise sur une chaise à longueur de journée, je suis bien tranquille à faire mes exercices le matin (s’il fait beau je me mets dehors) et à m’amuser l’après-midi. Après, j’ai été à plusieurs rencontres ( Laprugne, Ecouen, Hes Fes ) et je me suis fait beaucoup d’amis ! En ce moment, je corresponds avec eux par des lettres. Le lundi, je fais des maths, le mardi je fais du français et c’est tout. Moi, en tout cas, cet emploi du temps, ça me convient. Rose, ma mère m’aide surtout pour les maths, du fait que c’est la matière que j’aime le moins. En tout cas, j’ entretiens mon anglais et j’ apprends un peu d’espagnol avec ma mère, tous les jours avec une cassette. En gros, je me sens beaucoup mieux sans école et j’ espère ne jamais plus devoir y retourner!!!!
Robyn, 11 ans, juin 2003
  • APPRENDRE A SON RYTHME…
A tous les parents qui se posent la question : « Dois-je faire l’école à mes enfants ? » N’hésitez pas !
J’ai dix-sept ans et je n’ai jamais été dans un établissement scolaire. Mes parents m’ont donné des cours jusqu’à seize ans ; c’est à dire jusqu’à la troisième. Cela s’est toujours bien passé et m’a permis de développer des aptitudes que j’avais pour la peinture. Actuellement j’expose des tableaux et je continue le dessin chez moi.
L’avantage de faire l’école à la maison, c’est de pouvoir avoir d’autres ouvertures sur des choses beaucoup plus personnelles que chacun a en soi, et qu’il faut développer. Pour certaines personnes, les études sont toutes naturelles et ne posent pas de problèmes, mais d’autres s’y retrouvent beaucoup moins parce qu’ils ont autre chose en eux.
L’école à la maison est un très bon moyen pour éviter les problèmes de scolarité. Chacun va à son rythme, suivant ses moyens, apprend l’essentiel scolaire et peut regarder ailleurs. Il se fera alors une personne entière, originale, éclatée parce qu’elle fera ce qu’elle aime !
Il ne faut pas, bien sûr, être trop isolé et il faut pouvoir voir d’autre jeunes. Mais c’est vraiment réalisable !
Demété, Bulletin, Les Enfants d’Abord, N° 14, 1993
  • DE L’ECOLE A LA MAISON A L’ECOLE D’INGENIEUR
Bonjour chers parents, chers enfants,
J’ai passé par « l’école à la maison », avec des cours par correspondance et le suivi de mes parents, depuis le CP jusqu’à l’entrée en troisième. Nous étions une famille nombreuse et nous y avons tous passé, certains plus longtemps que d’autres. L’aînée est allée pour la premiére fois « à l’école » (dehors) en rentrant en Prépa. Il est vrai que nous avons tous eu des petits problèmes d’intégration, d’autant plus que de nos jours, on ne fait pas de cadeaux à ceux qui sont différents de par leur origine scolaire et ou leur comportement … plutôt innocent voire naïf des mauvaises blagues ou des violences, en ce qui nous concerne. Ce qui justifie entre autres le choix de faire l’école à la maison, c’est cette mise à l’écart des agressions inutiles. A l’entrée dans le cycle extérieur, nous avons eu à nous battre moralement pour nous faire accepter et respecter. Mais même si nous avons quelque peu « souffert » de cette confrontation plutôt pénible avec les jeunes de l’extérieur, cela nous a permis de développer en nous-même une énergie exceptionnelle qui devrait se trouver dans tous les êtres et dont souvent nous ne sommes pas conscients. Aujourd’hui, je suis fière d’appuyer l’expérience de l’école à la maison au profit d’un rapprochement parents-enfants devenu, je pense, important dans une époque où l’individualisme sépare, souvent et trop tôt, les membres d’une même famille.
Je suis moi-même en école d’ingénieur, et ce passé me sert chaque jour. Le fait de travailler seule par exemple, surtout à partir du secondaire, m’a donné le goût aux études et m’a fait aimer ce que je faisais, m’a fait voir les choses de mes propres yeux et donc sans l’influence de la vision d’un enseignant ou d’un système. Une grande déviation subsiste : devant un problème ou devant un cours, je cherche toujours à approfondir les recherches et les tenants et aboutissants des ènigmes, jusqu’au maximum de mes capacités. Et c’est pourquoi je passe beaucoup plus de temps sur les exos que la plupart des autres étudiants. L’école à la maison m’a rendue perfectionniste, parce que j’avais tout mon temps pour fouiller les livres librement et m’instruire à fond sur des sujets qui me passionnaient. J’ai dû apprendre à ingurgiter des choses inintéressantes, ennuyeuses et parfois complètement inutiles. Le système éducatif se révèle là défectueux quant à la gestion des moyens intellectuels mis à disposition de milliers de cerveaux qui se contentent pour la plupart de s’y soumettre « bêtement »… et c’est dommage. Alors j’encourage vivement les parents à ne pas écarter cette chance unique dans le monde, de l’instruction à domicile légitimée par nos lois, et même à s’y lancer sans crainte, car les études deviennent un plaisir pour l’enfant si on sait les présenter de la bonne manière. Et il n’est pas question d’intelligence de l’enfant ou de compétences des parents, il est question de faire vibrer les sensibilités de l’enfant, puisque c’est d’abord par les sens que les enfants découvrent le monde qui les entoure. Il ne tient qu’à vous, responsables enseignants, que cette découverte ne soit pas superficielle ou dramatique mais une aventure dans laquelle les enfants sont les héros. Bon courage à toutes et à tous !
Email de Pricila, juin 2002
TEMOIGNAGES DE PARENTS
  • Témoignages des parents de Taïg Khris
Extrait des Cahiers au feu de Catherine Baker – Barrault 1988
Reda et Aleka sont peut-être (sûrement) français maintenant. Mais ils resteront toujours des étrangers et aussi en Grèce qui a vu naïtre Aleka et aussi en Algérie étrangers et seuls, partout et toujours. Ce qu’ils vivent avec leurs deux enfants Taïg et Lino, personne ne peut le comprendre. Ni l’expliquer, et je ne le tenterai pas. Je n’ai même pas envie de dire. A peine ferai-je ici allusion à cette absurde volonté qu’ils ont eue de passer par tous les désirs de leurs enfants… Absurde… Mais Taïg a treize ans; Lino douze, et ils ne sont ni fous ni despotes ni égoïstes. Absurde… Mais Reda et Aleka ont vécu les beaux rêves des enfants (On serait des navigateurs… On partirait et on irait dans une ïle déserte…). J’ai été de ceux qui s’exaspéraient de ne pouvoir parler cinq minutes avec l’un des parents parce que Taïg ou Lino nous interrompait, décidait d’aller à la piscine et que sur-le-champ Reda et Aleka les suivaient. Mais j’ai cependant toujours su qu’ils n’obéissaient pas à leurs enfants. Tous deux sont trop brûlants, trop indépendants pour ça. Cette volonté de suivre les désirs des enfants est mystérieuse, troublante. Quelle que fût parfois ma moue, j’avoue avoir toujours été admirative et certaine qu’ils faisaient bien. Aleka: Les problèmes et les besoins des adultes, que ce soit le métier, les affections, la propreté, l’ambition, la valorisation, la tranquillité, la souffrance, les idées, la haine, etc., sont souvent en opposition avec les enfants. Et ce que l’enfant exprime, par rapport à cette tranquillité, cette propreté, ce métier, cette souffrance de l’adulte, c’est son besoin à lui de disponibilité et d’attention; cela dérange très profondément les grands. L’enfant dérange et c’est pour cela que l’adulte se cherche une justification qu’il appelle éducation, pour le bien de l’enfant (tu parles). Nous aussi nous avons souvent été bousculés au plus profond de nous. Avoir accepté d’être dérangé, d’aller toujours envers et contre tous dans le sens de Taïg et Lino nous a appris énormément de choses sur les enfants, sur nous-mêmes et sur la société. On a parfois commis des erreurs; le manque d’écoute ou de respect qu’on leur manifestait nous est retombé toujours sur la gueule. Ce qui est certain, c’est que leurs réactions de révolte nous sont toujours apparues comme légitimes bien que pénibles pour nous à endurer. Leurs réactions nous ont toujours appelés à plus d’exigence de liberté. « Les adultes – nous aussi sommes dans le tas – traïnent toute leur vie leurs besoins d’enfant insastisfaits. Ils courent derrière le plaisir et derrière l’amour par tous les moyens. Dans cette course, ils sont incapables de se pencher sur les besoins de leurs gosses. Les parents, l’école et toute la société rendent l’enfant pas beau et avide de vengeance. Il devient étranger à lui-même. -Qu’ils le veuillent ou non, les parents sont complices de cette destruction. Et quand ils le voient pas beau et insignifiant, perdu et malheureux, ils ont honte de lui! – Et ils le fuient… Toujours les adultes cherchent à fuir les petits, comme s’ils étaient la cause de tous leurs malheurs. « Reda et moi ne sommes pas des intellectuels, je ne comprends pas les choses théoriques. Toujours nous nous laissons uniquement guider par nos sens. Nous sentons ce qu’il faut faire au fond du corps. Ce qui a pu parfois nous tromper, c’est nos idées. Mais très peu de gens peuvent admettre ça. « Je vais prendre un exemple qui semble incompréhensible à beaucoup. Lino, vers l’âge de trois ans, a eu la tête couverte de poux et il refusait catégoriquement qu’on y touche. Sa chevelure en était envahie par des centaines et les amis nous mettaient en garde, nous disant qu’il y allait de sa santé, qu’à trois ans il ne pouvait pas se rendre compte, etc. « Je dois avouer que plusieurs fois nous avons pris peur ; Reda et moi avons longuement discuté et puis un jour, ce fut dit, la décision reviendrait à Lino, quoi qu’il en coûte. Car son corps était à lui et il sentait forcément lui-même dans son corps ce qu’il convenait de faire. S’il ne voulait pas qu’on le touche, il avait sans aucun doute de bonnes raisons pour ça. « Nous avons cessé à ce moment-là de faire des remarques et de montrer notre inquiétude. De temps en temps, pour manifester de l’intérêt à son problème de poux et non pas de l’indifférence, on lui rappelait que le jour où il voudrait se débarrasser de ces bestioles qui le démangeaient terriblement, nous pourrions l’en libérer par tel ou tel moyen. « Au bout de deux mois, Lino a demandé de faire le nécessaire pour ne plus avoir de poux… « Cette histoire nous a beaucoup fait réfléchir. En ces deux mois Lino a appris bien plus – et nous donc ! – sur ce qu’est la liberté qu’avec tous les discours de la terre sur ce sujet. « Notre attitude a souvent été mal vue; pourtant nous n’aurions pas demandé mieux que de vivre avec d’autres. Et même lorsqu’on renonça à l’idée d’habiter à plusieurs, pendant des années, nous avons compté désespérément sur d’autres adultes pour nous aider à comprendre ensemble ce qu’est l’enfant et ce que nous sommes, adultes, en face de lui. « Il nous semblait impossible de mener cette tâche à deux dans un couple. Nous ne voulions pas être exclus du monde extérieur; nous avions besoin de dialogue et des expériences des autres. Heureusement, mème dans nos moments de panique d’adultes, avec nos problèmes d’adultes, nous avons pu compter sur Taïg et Lino. C’est eux qui nous ont fait peu à peu comprendre que les adultes s’angoissaient toujours pour rien. Eux sont là. Et il vaut mieux ne pas chercher du côté des autres adultes des solutions aux problèmes des enfants. C’est à eux de résoudre leurs questions et à nous, avec eux, de résoudre celles qu’ils nous posent. Les adultes, par rapport à ce qu’ils pensent des enfants, ne nous intéressent plus du tout. Leur « éducation », c’est du n’importe quoi. Notre bonheur aujourd’hui, c’est l’estime que Taïg et Lino ont pour nous parce qu’on ne les a pas trahis. – Notre existence nous passionne parce que nous avons voulu la lier à la leur. Etre de leur côté, c’est découvrir constamment la vie. Un enfant qui jouit bien de son enfance est un trésor pour qui vit avec lui.
  • DESCO : LA LIBERTE
Bonjour,
Un petit mot pour vous donner des nouvelles de ma fille (17 ans et demi) et de moi-même et surtout pour témoigner de notre expérience.
Nous avons fait la scolarisation à la maison. Quand elle était petite, elle allait à l’école un ou deux jours par semaine, puis son père et moi nous sommes séparés, et alors elle passait deux semaines avec moi chaque mois à Paris, où on ne faisait absolument aucun travail scolaire, puis deux semaines avec son père en Belgique, où elle allait à l’école tous les jours ! Elle réussissait à être parfaitement intégrée socialement dans sa classe, plus intégrée même que certains des autres enfants, et elle avait les meilleurs résultats scolaires de la classe ! Le fait de ne travailler que deux semaines sur quatre lui permettait d’être relax et de garder le plaisir d’apprendre. Un jour nous avons été convoqués par le directeur et le responsable de l’éducation de la région et ils nous ont forcés à choisir : à la maison tout le temps OU à l’école tout le temps. Comme j’ai choisi la maison, le directeur a dit  » bon, comme elle travaille bien et qu’elle ne pose pas de problèmes, vous pouvez continuer à la mettre quand vous pouvez « , et on a continué.
Après ma fille est venue habiter avec moi à Paris. Alors nous avons bricolé avec des écoles à mi-temps du matin (pour enfants pratiquant la danse ou pour sportifs) puis nous avons branché sur les cours par correspondance, privés et/ou Cned. Je demandais à mon enfant de ne faire que les cours de français, anglais et maths, mais souvent elle me demandait aussi histoire : je voulais qu’elle fasse le moins possible de travail scolaire, car je pense qu’il vaut mieux apprendre par la vie. Un mois par an, nous partions en voyage à nous deux, et comme je fais un travail humanitaire avec les populations défavorisées, elle a vécu avec des gens très pauvres dans plusieurs pays. Que faisait-elle quand nous étions à Paris ? elle se levait très tard (vers midi), regardait pas mal la télévision (les feuilletons  » idiots  » de la mi-journée), participait à des cours de bricolage sur bois et magie, allait aider dans les manèges d’équitation, lisait beaucoup, promenait les chiens des voisines, révait et s’amusait.
A propos de la télé : j’étais contre, mais comme je ne suis pas pour l’éducation répressive, je l’ai laissée regarder (sauf les émissions de Dorothée, trop malsaines) en espérant qu’elle s’en lasserait, ce qui n’est jamais arrivé ! En revanche, je me suis aperçue que ça lui avait enseigné des milliards de choses, par exemple, après un épisode de « la croisière s’amuse » elle voulait savoir ce qu’était un avocat d’affaires !
Chaque année je l’emmenais visiter des écoles (en particulier des écoles steiner) et lui demandais si elle voulait y aller : elle était horrifiée, en particulier par le NOMBRE d’enfants dans une classe. Et je la comprends. C’est elle qui choisissait sa vie.
J’aurais aimé qu’elle reprenne le scolaire classique en première et terminale, mais elle a tenu à y aller en seconde, car elle voulait être dans une classe oû il y aurait de nombreux nouveaux comme elle, un début de cycle. Elle ne voulait pas aller en classe pour apprendre (elle apprenait tellement plus agréablement et tellement plus profondément à la maison) mais pour voir ce qu’était une ambiance de groupe, de bande, et non pour avoir des amies (comme le voudraient les clichés), car elle avait déjà des amies à la maison, de par ses activités et nos relations.
Au début, à l’école, des problèmes vestimentaires (car elle ne s’habillait pas avec des marques, ne mettait pas de vêtements différents chaque jour), mais surtout des problèmes de rapidité dans le travail scolaire, car elle avait l’habitude de travailler à son rythme – il lui a fallu un an pour aller aussi vite que les autres.
Autre problème, tant de temps accaparé désormais par le travail scolaire qu’elle me dit :  » maman, je n’ai plus le temps de réfléchir à ma vie, de penser aux différents sujets qui s’offrent à moi, et quand le travail scolaire est terminé, j’ai une telle fatigue mentale que je préfère les émissions débiles aux livres philosophiques : j’ai l’impression que ma tête se ferme. Cela me rappelle un roman de Ray Bradbury, une fille qui se fait renvoyer de l’école parce qu’elle a une fâcheuse tendance à demander plus souvent pourquoi que comment… On nous pose tellement de problèmes précis, on nous demande de vivre au jour le jour, sans nous laisser le temps de prendre du recul et de se demander où on va… « 
Cette année elle fait la première S, ce trimestre dernier sa moyenne en maths était de… 19,5/20, sa moyenne en physique de 15,8/20, en fait elle passe son temps à aider les autres enfants qui ne comprennent pas grand chose aux cours, elle est première quasiment dans toutes les matières, et réussit – le plus difficile – à être, malgré ses performances et malgré son intérêt pour le scolaire, bien vue des élèves et parfaitement intégrée.
CONCLUSION : Ne vous laissez jamais baratiner par ceux qui vous disent que votre enfant sera un inadapté social, c’est faux. Sur le plan de la sociabilité un enfant scolarisé à la maison est PLUS SOCIABLE qu’un enfant de l’école parce qu’il est capable de  » relationner  » avec des gens de tous âges, il communique avec plaisir avec des bébés ou des enfants plus jeunes ou plus vieux que lui, et il peut considérer un vieillard comme son meilleur ami, à l’opposé de l’enfant scolarisé qui ne se sent capable de parler qu’avec quelqu’un de son âge : et pour ce pauvre  » handicapé de la relation  » toute personne plus jeune ou plus vieille est par définition étrange, étrangère et un peu effrayante. J’ai adoré ces années avec mon enfant, on en a profité à fond, et vraiment je vous invite tous à ce bonheur de vivre réellement avec les enfants que vous avez appelés au monde.
-O.T. , Bulletin de Les Enfants d’Abord, juin 2001
P.S. Ma fille vient d’avoir son bac avec mention bien en maths.
Email, Juillet 2002
  • DE L’APPRENTISSAGE A LA MAISON A l’INTEGRATION AU LYCEE
Ma fille a été instruite à la maison depuis le CE2. Elle a pris des cours par correspondance à partir de la 6ième.  » En fin de 3ième, après avoir passé une année studieuse (3h à 4h de travail par jour), elle a voulu continuer au lycée. Nous l’y avons donc inscrite. Elle termine maintenant sa 2nde sans aucun problème et choisit la section ES pour l’an prochain. Elle s’est glissée dans la structure comme un poisson qu’on lâche dans l’eau qui sait tout de suite oû il se trouve. Et j’ai été agréablement surprise des compliments que les profs ont fait d’elle à la réunion-rencontre avec les parents. Ils lui ont trouvé des qualités qui n’ont peut-être rien d’étonnant pour un jeune qui a l’habitude de se prendre en main :  » Elève motivée, ouverte, sérieuse, qui participe, organisée dans son travail !  » Charlotte témoigne :  » Je suis contente d’avoir fait les deux, c’est une chance !  » (Bulletin printemps 2000, Les Enfants d’Abord)
  • VIVE LA DESCO !
Bonjour,
J’ai reçu mon premier bulletin de LED’A, adhérente depuis peu à l’association. Si aujourd’hui je propose de témoigner c’est parce que pour la huitième année consécutive je déscolarise mes filles. Nous avons donc acquis une petite expérience et nous aimerions en parler, aider d’autres personnes qui doutent à franchir le pas et puis dire à ceux qui n’ont pas encore eu la chance de le connaître quel bonheur immense il y a à voir ses enfants grandir près de soi, à les voir profiter de la vie en ayant le temps de jouer, de lire, d’être dehors au soleil quand tous les autres s’étiolent derrière leurs murs… Un jour, par hasard, à la télé, Catherine Baker parle de son livre « Les cahiers au feu ». Elle met en mots ce que je ressentais confusément. J’achegrave;te le livre. Déscolariser ? J’ignorais que c’était possible, peut-être ne l’avais-je même pas conçu. Je le range sans le lire ; ma fille n’a que 3 ou 4 mois.
Cinq ans plus tard le moment d’entrer au CP approche…et là je ne vois absolument pas ce petit bout de chou qui fait encore la sieste l’après-midi travailler (car il n’y a pas d’autres mots) 6 heures par jour. Et je me souviens : le livre ! que je lis enfin.
A partir de là, tout va vite : nous sommes en mai. Je fais ma déclaration. Ma deuxième fille qui a 4 ans souhaite elle aussi ne plus aller à l’école. Tant mieux : nous débutons l’instruction en famille en septembre…
Février 2001, ma fille aînée décide d’aller au collège. Elle y est depuis 3 semaines. Elle s’y est parfaitement intégrée, elle a le même niveau scolaire que les autres enfants de sa classe. Sa sœur, 12 ans, a préféré continuer l’instruction à la maison.
Marie, Bulletin n°44, 2001, Les Enfants d’Abord
  • « ECOLE A LA MAISON » REUSSIE
Bonjour,
Nous avons trouvé votre site des plus passionnants.
Nous aussi, avec 5 enfants, avons pratiqué « l’école à la maison » en Auvergne, il y a déjà longtemps !
de 1981 à 1996 !
Nos enfants ont pu vivre à leur rythme et on peut noter :
- un éveil et une maturité plus accentués que ceux du dehors du même âge,
- une sensibilité aux choses de la vie
- une persévérance face aux agressions du monde extérieur

- la curiosité intellectuelle, le plaisir d’étudier dans la maison ou en plein air, – l’évasion dans le bricolage, le dessin, la musique, la création en tout genre, la peinture, les pièces de théàtre, … – mais surtout, la responsabilité, la motivation, le travail personnel, l’engagement tous azimuts. Mais attention, nous pensons qu’ il faut bien faire comprendre à tous les parents qu’ils ne sont pas les « propriétaires » de leurs enfants, seulement les gestionnaires de la premiére partie de leur vie en vue de leur donner le meilleur bagage pour la vie future … sans parents. Félicitations pour votre travail d’information et de soutien ! PS : En ce temps là nous étions bien seuls dans ce choix ! Mais nous recommencerions demain, avec quelques retouches ! salutations ! Email de Robert et Louise, le 12 juin 2002

  • LE QUOTIDIEN

« Nos journées ne sont ni « jour de travail », ni « jour de vacance », elles sont toutes différentes les unes des autres et surtout très flexibles. Concrètement, R, (7 ans), D, (5 ans) et P, (2ans 3/4) travaillent et jouent toute la journée. Ils se servent beaucoup de l’outil informatique qu’ils utilisent à leur convenance, mais il arrive fréquemment que l’ordinateur ne soit pas allumé de la journée. Nous regardons ensemble (!) l’émission quotidienne « C’est pas sorcier » et parfois des vidéos essentiellement en anglais ou en allemand. Nous faisons la cuisine ensemble, souvent des expériences scientifiques, du bricolage, leur père et moi leur faisons beaucoup la lecture, nous jouons, nous construisons, nous discutons, … Pour les activités dites « académiques », nous les faisons de manière spontanée, lorsque cela se présente et généralement dans la vie de tous les jours : lire la recette du gâteau que nous allons préparer, compter et mesure les ingrédients, écrire un message à quelqu’un ou un projet, une idée que l’on a dans la tête et qu’on ne voudrait pas oublier, chercher dans le dictionnaire ou dans un guide la réponse à une question, … Ils s’occupent beaucoup seuls. Parfois c’est moi qui propose une activité, généralement ce sont eux qui demandent. Le soir, R a besoin de moments où il peut être seul avec moi, alors il lui arrive de jouer seul et au bout d’un moment de venir me chercher et me proposer un travail. Généralement, nous étudions ou nous faisons des constructions diverses et variées. Un soir, par exemple je lui ai proposé de faire un exercice de math, il m’a dit ‘non’, mais m’a alors proposé de faire le puzzle d’un planisphère (géographie), puis il m’a dit qu’il voulait écrire et nous avons écrit (sur l’ordinateur) une lettre pour ses grands-parents (écrire, imprimer, préparer l’enveloppe, coller le timbre, …). Je l’ai laissé deviner l’orthographe des mots et chercher les lettres sur le clavier, et cela lui demandait beaucoup de concentration. Le lendemain, il a voulu faire du graphisme, lui qui n’a jamais aimé dessiner, il a fait plusieurs fiches en me parlant en anglais (!), puis a voulu lire avec moi un livre américain (« Green Eggs and Ham » de Dr Seuss) qu’il connaît presque par cœur, mais dans lequel il lui faut quand même lire les mots lorsqu’il se trompe ou hésite dans sa récitation. Depuis septembre, je tiens à jour un grand classeur partagé en rubriques plutôt académiques, afin de constituer un portfolio regroupant les activités de R, que nous pourrons montrer à l’inspecteur ou autre. Je ne veux pas lui mettre la pression et l’obliger à apprendre à lire et à écrire en faisant la police, pas plus que je ne m’attribue le rôle d’institutrice, je me considère plutôt comme un guide (facilitateur) pour l’aider à trouver ce dont il a besoin. Déjà en essayant de ne répondre qu’à ses questions, cela me fait courir derrière lui ! A suivre …! ( bull Les Enfants d’abord, n° 49 automne 2002) « V et JM font des maths, et j’ai pensé à nos discussions – au sujet de « suivre le programme ». Ils font souvent les mêmes problèmes, bien qu’ils ne devraient pas car ils ne « sont pas dans la même classe ». Et justement, ça c’est intéressant : quand ils font la même chose, ils peuvent s’entraider, ils peuvent discuter de ce qu’ils sont en train de faire. Là ils font un problème à s’arracher les cheveux au moment de la mise en équation des données. C’est la troisième séance où je le ressors, car on n’a pas encore la réponse. Et ils sont contents, ils regardent à nouveau ce qu’ils ont fait, ils cherchent où peut bien être l’erreur, l’un revient vers moi en rigolant parce qu’il a vraiment écrit une bêtise – je suis dans la cuisine et prépare le repas de midi-, il l’a vue tout seul, puis l’autre arrive en disant qu’il croit que maintenant il a un système d’équations qui devrait marcher, et je demande combien d’inconnues il a , l’autre n’en a pas le même nombre, alors il demande « mais toi t’as fait comment, parce que moi j’ai fait comme ça » et ils retournent dans la salle comme deux larrons en foire et se repenchent sur leurs feuilles. Ils ont 15ans 1/2 et 14 ans, ils font des maths en riant, c’est un problème trouvé dans un livre de maths de seconde d’il y a dix ans, donc pas le programme actuel. Moi j’ai plaisir à les voir heureux de faire travailler leur cerveau, de les voir complices, de les voir apprendre à expliquer à un tiers ce qu’ils ont fait et pourquoi, et c’est justement, parce qu’on ne suit pas le programme, on peut faire des mini-groupe familiaux !  » (bull Les Enfants d’Abord, n° 49 automne 2002) « Je voudrais vous faire part de ce que nous faisons avec notre fille âgée de 10 ans, qui n’a jamais été scolarisée. Beaucoup d’apprentissages se sont faits au travers des jeux, et d’autres de manière classique à partir de cahiers, livres etc…Mais depuis quelques temps ma fille ne veut plus travailler de cette façon. Elle aime toujours les jeux, je lui lis toujours des histoires (elle sait lire depuis l’àge de 5 ans), j’essaie de répondre à ses questions au moment de ses demandes, je crois à la spontanéité. Actuellement nous faisons partie des réseaux d’échanges réciproques de savoir (Mél : mers@wanadoo.fr – Site : www.mirers.org), ce qui permet d’apprendre avec des gens de tous àges. Ma fille apprend aussi beaucoup en écoutant (nous écoutons beaucoup la radio : France Inter, on pourrait presque écouter toute la journée.). Elle va au conservatoire et joue du piano. Bien sûr, parfois je trouve que cette façon de faire est moins sécurisante que d’utiliser des cahiers et me pose questions. C’est pourquoi j’éprouve le besoin d’échanger avec des familles et aimerais entrer en contact avec des gens qui ont eu cette expérience et qui ont déjà des enfants assez grands. » (bull Les Enfants d’Abord, n° 49 automne 2002)

  • ENFANTS EPANOUIS

Aujourd’hui nos enfants ont 21 et 19 ans, tous deux garçons. L’aîné est entré pour la première fois de sa vie dans une école à 16 ans, en seconde…. Quand j’y repense, je pense que nous étions un peu fous…. C’était son choix : il voulait VOIR de ses propres yeux, il voulait partager ce que vivaient les autres jeunes de son âge. Il faut le dire, l’adaptation a été un peu « hard » : absent de la maison de 7 heures du matin à 19 heures, devant assimiler une foule de nouveautés tout à la fois, il a un peu maigri durant le premier trimestre…. rassurez-vous, depuis, il a repris du poids ! Il est vrai que ça faisait un sérieux changement ! Jusque là, nous avions vécu dans la nature, et cette merveilleuse nature dans laquelle nous étions « chez nous » a constitué notre axe. Nous l’avions aimée, observée, habitée. Nous en avons été les reporters, les contemplatifs, les amoureux émerveillés. Quel bonheur de pouvoir vivre ça ! quel merveilleux pédagogue ! Nous avions décidé de vivre cette aventure avec nos enfants avant même qu’ils soient nés. Nous l’avions préparée avec deux familles amies de notre entourage qui avaient le même désir. Qu’elles soient saluées et remerciées au passage. Avec le recul, je trouve qu’on s’est drôlement bien débrouillé dans la coordination de nos projets, de nos personnalités car, comme chacun le sait, les relations humaines ne sont pas toujours simples ! Nos enfants ont donc grandi dans un petit groupe de six enfants qui se voyaient trés réguliérement : deux à trois journées par semaine. Plus d’autres qui s’y adjoignaient de temps en temps, et, bien sûr, les enfants du voisinage… après l’école. Sans parler des échanges avec les enfants de l’association Les Enfants d’Abord. De quoi étaient faites nos journées : la nature depuis toujours, et, à partir de 6/7 ans, des activités « d’apprentissage » plus formel le matin. C’est à dire que nous avons donné une forme aux apprentissages qui se faisaient déjà depuis … toujours, une forme qui leur permette d’être communiqués. Nous nous sommes donnés les outils dont nous avions besoin, comme un journal à parution régulière, rédigé par les enfants et à abonnement payant. Avec l’argent du journal et de ventes sur les marchés d’objets réalisés par les enfants, nous avons pu entreprendre un chouette projet : partir en vacances trois semaines avec une jument de trait attelée à un ancien corbillard transformé en char wester (pour les bagages et le petitou de l’équipe qui n’avait que 18 mois). Six adultes, huit enfants et l’aventure …. au rythme de la jument. Bon, on n’était pas toujours sur les routes. Le reste du temps on faisait un peu « l’école » : maths (la pédagogie Gattegno nous a inspirés); tout le reste trouvait son support dans le journal : recherche de documents à la bibliothèque sur tel ou tel sujet qui passionne, synthèse communicable à d’autres (il vaut mieux écrire correctement et ne pas faire trop de fautes : les mamy sont de ferventes lectrices !). Nous avons aussi réalisé un aquarium sauvage. Il a fallu en maintenir l’équilibre ; nous avons observé et accompagné les différentes mutations et évolutions. Nous tenions à ce moment-là un journal de l’aquarium. Nous avons aussi réalisé une exposition nature avec invitations…. Et puis nous avons beaucoup couru, ri, chanté, nagé, dessiné, modelé, fait de la musique avec M qui a fait vivre un atelier pendant des années. Petit clin d’œil au passage : les enfants jouaient en petite formation avec des instruments d’Amérique du sud et des balafons avec un tel bonheur qu’ils ont été sollicité pour participer à l’inauguration… d’une école !! Ils ont fait cela très bien !! Et encore, et je dirais presque surtout, et à travers tout : nous avons nourri nos âmes. Que ceux qui seraient allergiques à ce mot en trouvent un autre qui désigne le cœur de l’être. Rassurez-vous tout de même : quelquefois, on se prenait de bec, rien ne semblait vouloir fonctionner, on était frustré, on traversait des périodes de doute, se demandant si l’école publique ne serait finalement pas mieux !! Tout cela est traversé, avec le bon, le moins bon. Maintenant qu’en est-il ? Notre fils aîné, prépare un BTS : gestion et protection de la nature, option animation ! eh oui !!! que voulez-vous !!! ça laisse des traces !! Le cadet qui nous est arrivé du Brésil (nous sommes bien sûr allés le chercher tous les trois et nous avons pu voir un peu son pays, nous y sommes restés un mois) à l’âge de deux ans et demi, tout cabossé dehors et dedans, n’a pas pu trouver son compte à l’école (il a essayé une 4ème techno à 15 ans : bof !). Il est bourré de qualités et a une façon de penser totalement fascinante mais pas du tout adaptée à ce qui est demandé pour faire des études. Il n’en fait donc pas ! Il digère son histoire et franchement, je suis certaine qu’il va faire quelque chose de chouette de sa vie. Mais franchement aussi, s’il était allé à l’école, je suis sûre que ç’aurait été très très dur. Ils ont développé tous les deux des qualités qui me semblent précieuses : prise directe avec la vie, capacité à faire face aux choses, maturité, conscience et autonomie de pensée, capacité à rassembler les gens, aptitude à la collaboration, ouverture à l’autre tout court et à l’autre sexe. Mais, là non plus tout n’est pas rose et notre aîné m’a dit, pas plus tard qu’hier soir, qu’il ferait probablement la même chose, mais qu’il prendrait garde à ce que ses enfants soient moins décalés qu’il ne l’a été par rapport à la réalité économique et sociale dans laquelle nous vivons (ce sont ses mots). Allez, belle aventure à tous !!!! (bull Les Enfants d’Abord, n° 49 automne 2002)

  • « ILS RESPIRAIENT LE BONHEUR »

« Alice a appris à lire à huit ans, en quinze jours, stimulée par l’annonce de la venue d’un inspecteur de l’Education Nationale. Mattias a appris à lire seul, à cinq ans dans Tintin, en se marrant. Il a deux ans de moins qu’Alice et grappillait sans doute toutes les informations. Mes enfants ne se sont jamais intéressés aux mathématiques par contre ils parlent quatre langues tout comme moi. La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. C’est là je pense, la limite de l’instruction parentale. Lorsqu’ils ont eu respectivement 12 ans, j’ai cessé de m’inquiéter pour eux. Ils respiraient tellement le bonheur. Ils se baladaient depuis l’âge de cinq ans de familles amies en familles amies découvrant des cultures familiales très distinctes, des habitudes alimentaires très différentes des leurs. Ils étaient très autonomes mentalement, sûr d’eux, créatifs, séduisants, tendres et drôles. Nous avons décidé de quitter notre mas camarguais pour nous installer dans une grande ville offrant plus de possibilités d’activités à de jeunes adolescents, théâtre, sport , musique, rencontres… Nous avons voyagé, sommes allés rendre visite à Summerhill, avons chanté dans des églises romanes et joué à mauvais pénitents dans des cryptes d’abbayes, joué au morpion dans des nécropoles et à cache-cache dans des cryptoportiques, découvert la Renaissance dans des palais vénitiens, crié « vado io » et joué à Marco Polo dans une gondole, respiré les parfums des jardins de l’Alhambra, nous avons joué à chat perché dans le parc Guell et mangé des figues de barbarie à l’ombre D’el Jem. Pendant qu’Alice découvrait l’Amérique, Matthias partait en Angleterre. Alice a joué les figurantes dans un film français, Matthias et moi avons fait les doublages pour un dessin animé sélectionné a Hiroshima. Tout ça parce qu’ils n’allaient pas à l’école. En tant qu’enfants de ressortissante espagnole, ils ont pu suivre les cours du consulat d’Espagne qui donnent accès à un diplôme de bilinguisme qu’Alice l’aînée a passé avec succès. Ces cours leur ont surtout permis de rencontrer d’autres jeunes gens de leurs âges dans une ambiance décontractée. Par ailleurs à partir de l’âge de 16 ans Alice a désiré suivre des cours par correspondance, elle voulait connaître son niveau, l’échéance du bac approchant. Matthias a fait de même mais plus dilettante, il envoyait des devoirs de loin en loin, quand il n’avait rien d’autre à faire… Matthias est un garçon très occupé. Ils ont décidé que j’étais trop exigeante que le niveau ne requerrait pas ce que je leur proposais de faire, ils ont donc parfois choisi de prendre des cours avec des étudiants dans les matières de leur choix. Ils recevaient les personnes et leur passaient un interrogatoire en règle après quoi ils discutaient les prix, les engageaient ou les récusaient. Matthias s’est choisi une prof d’anglais américaine avec qui il faisait la cuisine et qu’il faisait rire aux larmes. Il l’a prêtée à Alice qui l’a trouvée très insupportable. A 18 ans Alice a décidé de travailler à mi temps pour participer aux frais d’enseignement en externe. Alice étant l’aînée a passé le bac la première et l’a obtenu. Matthias jouera au bachelier l’année prochaine. Voilà toute l’histoire, rien d’extraordinaire, pas d’enfants ni de parents surdoués pas de recette miracle, juste des gens qui ont grandi ensemble et s’en sont trouvé bien. Une petite Histoire de vie qui continue. Frédéric et moi nous avons déjà choisi les surnoms que nous aimerions que nos futurs éventuels petits enfants nous donnent Oma et Opa, mais c’est juste pour rire, nous savons déjà que ces enfants là vont trouver tout seuls comment nous appeler. » Dolorès (bull Les Enfants d’Abord, n° 49 automne 2002)